L'origine du Club

 

 

ORIGINE DU CLUB D’AVIRON DE CREIL

 

 

 

 

 

La mode de l’aviron nous est venue d’Angleterre où elle servait à occuper la noblesse. Rapidement, nous y avons connu des défis lancés par des membres de clubs très huppés : des courses en skiff sur 6 kilomètres, des courses en huit où l’argent attirera des personnes qui se consacreront à ce sport en déplaçant des foules énormes.

 

 

Cette mode gagna la France vers des villes ou des ports qui travaillaient avec l’Angleterre : c’est ainsi que fut créé le premier club au Havre en 1838, le 2ème en 1840, c'était un club picard le 'club de la Baie de Somme' à Saint Valéry sur Somme malheureusement démantelé il y a une quarantaine d’années. Progressivement, ce phénomène gagna l’arrière pays, en témoignent les dates de création de clubs voisins : Amiens (1866), Abbeville (1866), Soissons (1878), Compiègne (1882), Pontoise (1884), Enghien (1885)...

 

 

A Creil, nous n’avons pas de pièces officielles mais il apparaît fort probable que la création du club, la Société Nautique de Creil (maillot blanc, étoile rouge) date des années 1880, car nous avons la composition du bureau en 1888 et le compte-rendu de la régate du 10 juin de cette même année dans des skiffs, des yoles à 2 et à 4 et des périssoires assis et debout. Il y avait une foule considérable avec huit clubs picards et parisiens : le Sport Nautique Compiégnois, le Sport Nautique d’Amiens, le Rowing Club de Paris, le Sport Nautique de Vitry Paris, le Cercle Nautique de Meaux, la Société Nautique de la Basse Seine, les Pagayeurs Parisiens et la Société Nautique de Creil.

 

 

Ce fut Ernest Gallé qui créa le club à la mode anglaise, réservé à la gente masculine pour occuper de nombreux loisirs et naviguer entre gens de bonne compagnie, il était impératif d’être présenté par deux parrains membres du club. Issu de la bourgeoisie locale d’origine lorraine, Ernest Gallé était marié à Marie Juillet, fille d’un médecin local (Jules Juillet) qui eut son heure de gloire en soignant une épidémie de choléra à Verneuil-en-Halatte (en 1833) qui lui valut la reconnaissance des élus. Les Creillois ont l’habitude d’entendre ces noms : Musée Gallé-Juillet ou encore la rue Jules-Juillet.

 

 

Ernest Gallé affilia son club à l’Union des Sociétés de France qui était composée de vingt-trois clubs sur soixante-huit en France. Nous comptions également deux autres regroupements : l’Union Nautique des Sociétés du Sud Ouest et la Fédération des Sociétés Nautiques du Nord de la France. Il faut savoir que dans ces associations étaient absents les clubs de Lorraine et d’Alsace sous occupation allemande depuis la guerre de 1870.

 

 

Ernest Gallé milita très vite pour le regroupement de ces trois entités ce qui fut chose faite le 30 mars 1890 sous l'appellation de fédération française des sociétés d’aviron. Il milita aussi pour la création de club et c’est ainsi qu’il alla en 1889 organiser une régate de propagande à Pont Sainte Maxence.

 

 

 

 

Nous n’avons pas retrouvé beaucoup de documents de l’époque. Ernest Gallé décède en 1900. Son fils Auguste Gallé se marie en 1894 avec Berthe Franchemont, fille de minotier et ont un fils Maurice en 1895. Que se passe-t’il le 31 juillet 1906 ? Auguste Gallé fonde l’Etoile de l’Oise et l’inscrit en Préfecture dans le cadre des associations loi 1901. Nous ne pouvons pas imaginer qu’il y ait un différend avec l’ancien club dirigé par son père et qu’il a certainement dirigé lui-même après 1900. Les couleurs changent légèrement puisque le maillot blanc passe à bleu ciel mais on garde l’étoile rouge d’où le nom de l’association. Une hypothèse : peut-être était-ce pour se distinguer des clubs des alentours qui portaient tous dans leur sigle le terme de Société Nautique : Amiens, Compiègne, Soissons, Pontoise, Enghien… Auguste Gallé était à Creil le délégué nautique du Touring Club de France et il demanda à Monsieur Glandaz son ami et Président du Comité Nautique du Touring Club de France de devenir Président d’Honneur de l’Etoile Nautique. Notre président d’honneur crée la Coupe Glandaz en 1907 un critérium national en quatre pour seniors débutants où s’illustreront de nombreux Creillois.

 

 

Peu de documents jusqu’à la première guerre mondiale où les allemands font une grande avancée menaçant Paris, certains ont aperçu une patrouille de Uhlans près de Luzarches, Senlis est envahie et le Maire Odent fusillé. A Creil, le pont est détruit ainsi que le club avant que les Allemands se retirent sur la Marne après une contre-attaque. Auguste Gallé, officier, est mobilisé à l’arrière en raison de son âge, son fils unique Maurice part au front et est tué le 25 septembre 1916 à Bouchavesnes (Somme).

 

 

Nous avons eu une photo de M. Delamarre, membre de l’ENO, en périssoire devant le pont coupé en deux. M. Delamarre deviendra après 1945 le Président du Cyclo Club Creillois. La fin de la guerre marquera à l’ENO une première démocratisation du club, par exemple les adhérents n’étaient plus obligés d’être propriétaires de leurs embarcations. Auguste Gallé meurt en 1928 et son épouse vivra jusqu’en 1956 dans le souvenir de son fils Maurice, l’ile de Creil deviendra l'Ile Saint-Maurice et bien avant sa mort, Mme Gallé fera don de sa maison à la ville de Creil qui deviendra le Musée Gallé-Juillet, une moitié de l’Ile ira à l’Eglise avec le stade Saint Médard lieu d’entraînement de l’équipe de basket. L’Etoile Nautique de l’Oise avant le décès d’Auguste Gallé reçut de ce dernier un terrain le long du mur du château et les membres de l’association construisirent en deux mois un garage de 30 mètres de longueur avec des matériaux fournis par un industriel creillois M. Rivière, ce dernier peu de temps après devnant le président du club. Durant la deuxième guerre mondiale, le club fut à nouveau gravement endommagé, et nous restâmes après la libération un long moment sans président, jusqu’à ce que Robert Dubail contacte un notaire Maître Pierre Dorchies qui acceptera le poste. Il échangera le terrain adossé au jardin du château pour un autre derrière ce jardin sur lequel sera construit le premier club moderne encore debout grâce à des dommages de guerre qu’il nous obtiendra après beaucoup de difficultés administratives (nous connaissons quelques petits jeunes qui aidèrent le dirigeant de l’époque Robert Moreau à creuser les fondations de ce bâtiment vers 1958). Par la suite, le bâtiment et le terrain seront donnés à la ville pour le franc symbolique afin que cette dernière puisse en assurer l’entretien.

 

 

 

 

 

Christian CHARLES